Le journal de Gabriel

Journal du petit homme Gabriel né à la maison le 09 mars 2008

26 mars 2008

Roh le steack!!

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Réflexion émue de Maman Pimousse au matin : "Et dire qu'il y a deux semaines, il était dans mon ventre ce petit monstre...

Mais...

Comment il a tenu ???????"

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Premier dimanche de Pâques

Dimanche 23 mars

Nous voilà parti pour ta première réunion de famille chez tonton Benoit et tata Nini. C'est Pâques, jour où les cloches sont les vedettes. Nous arrivons en même temps que tata Agnès et tonton Frédéric, qui nous laisse gentillement la place devant la maison parce que sinon faut aller se garer à trifouilli les oies et ils ont pitié d'un petit bout de 15 jours. Tonton Benoit te récupère et te fait entrer dans la maison au chaud, installé à côté de ton plus jeune cousin qui fait des sourires à tout le monde dans son transat. Tout le monde est là il ne manque plus que Papy qui ne tardera pas à arriver avec Linette.
Tata Agnès nous tend un gros paquet. C'est leur cadeau pour ta naissance. Autant te dire que t'as encore été pourri gâté, mais on fera un post spécial cadeaux pour que tu te rende compte combien tu as été pourri gat'.
Tu as dormi quasiment toute la journée dans ta nacelle puis dans l'écharpe. Après un passage dans les bras de Papy qui voulait te faire boire ton premier verre de rouge, c'est l'heure des chocolats. Bon comme le temps n'est pas au rendez-vous, il n'y aura pas de chasse à l'oeuf dans le jardin. Tes grands cousins se ruent sur leurs chocolats vachement bien cachés sur la table de la salle à manger. L'ainé de tes cousins Cédric veut tous les oeufs kinder géants, mais Grégory, Matthieu et Alexis ne sont pas tout à fait d'accord. Tout le monde se partage le butin, il y a même deux oeufs en plus pour les édentés Bastien et toi. Ca passera dans le lait des mamans.
Papy voulait faire une photo de ses 6 petits fils. Mais Bastien et toi en aviez décidé autrement, il y en avait toujours un qui dormait ou mangeait ou remplissait sa couche. Bref il est parti sans sa photo de ses petits fils. Qu'à cela ne tienne, finalement vous êtes tout les deux éveillés, vite vite on installe tout le monde avant que l'occasion soit loupé. Grégory veut t'avoir dans les bras, hop sur les genoux du cousin. Après mitraillage voilà le résultat:

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De gauche à droite, Matthieu avec Bastien dans les bras, Grégory avec toi dans les bras, Alexis et Cédric.

Je ne sais pas si tu as apprécié ton oeuf de pâques mais Maman Pimousse lui a fait un sort, j'ai même pas eu le temps de te le prendre en photo.

PS: Ta grande cousine Barbara fait de la pub pour ton blog sur le sien. J'en ai profité pour lui demander la permission d'insérer un lien vers le sien aussi. Tu y trouveras les aventures de tes cousins Nokto et Kolia alias Batman et Superman au pays des Caribous.


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19 mars 2008

Journée des premières

Lundi 17 Mars

Samedi soir on t'avait préparé un petit bain rien que pour toi dans ta baignoire qui rentre à peine dans la notre, ton premier passage dans l'eau depuis que t'es sorti du ventre de Maman Pimousse. Pas grand succès, tu pleures un peu, soit tu as froid soit tu as peur, on n'insiste pas.
Lundi matin on tente autre chose, sur les bons conseils de Carole, tu vas prendre le bain avec l'une de nous. Maman Pimousse ne pouvant pas prendre de bain pour l'instant, c'est moi qui aurait la chance de te prendre avec moi. Je prépare le bain en surveillant la température parce que moi j'ai plutôt tendance à les prendre à 40° plutôt que 37... Hop je plonge dedans et Maman Pimousse arrive avec toi tout nu comme un ver. Je t'installe face à moi ta tête contre mes jambes et ton mini-cul sur mon ventre. T'es un peu perplexe mais tu ne pleures pas, t'as l'air rassuré. Un petit pipi plus tard et hop on te lave et Maman Pimousse t'enveloppe dans une serviette pour ne pas que tu aies froid.

Deuxième première de la journée, une sortie en famille. On est a court de couche de serum phi etc. alors on décide d'aller chercher tout ça. On t' installe dans la nacelle, et hop on descend les quatre étages pour la voiture. Là je prends bien dix minutes pour essayer de savoir comment on accroche cette satanée nacelle pour pas qu'au moindre coup de frein tu te retrouves le nez dans le pare-brise. Finalement c'est Maman Pimousse qui trouvera la solution en moins d'une minute en regardant le schéma qu'il y a dans la nacelle. Ça m'apprendra à ne pas lire l'énoncé avant de faire l'exercice! Donc c'est parti, direction les courses.
Arrivé sur le parking je te détache et on file dans le centre commercial pour par que tu aies froid (encore!). Et là attaque surprise d'une petite vieille. (Je t'apprendrai bientôt à éviter ce genre d'individus). Donc elle s'approche de nous et me demande l'âge que tu as, me dit que tu es très mignon (on sait on sait). Et là sans prévenir se rapproche et te fait un bisou sur le front. Je vois Maman Pimousse arriver avec le caddie, elle a failli se jeter sur elle pour la mordre (si si). La petite vieille s'en va en disant : "je suis obligée, j'adore les bébés". Mais bien sûr.... Maman Pimousse grommellera pendant le restant des courses et surveillera les possibles autres attaques.

Troisième première de la journée, l'écharpe de portage. Après l'attaque de la petite vieille, on t'installe dans l'écharpe de portage pour faire les courses, on s'y reprend à 2 fois, la première fois on n'était pas assez serré. Et on va faire les courses comme ça. Toi dormant contre moi. (La chance de faire les courses en dormant quand même!).

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17 mars 2008

Premier rdv chez le pédiatre... (ou "mais il ne lui manque que la parole!")

Et dans "Les aventures de Gabriel", le premier rdv chez le pédiatre pour établir le certificat de santé qui normalement se fait à la maternité juste après la naissance. Vous savez ce truc où on retourne les bébés dans tous les sens, s'assure de leurs réflexes... et bien les bébés nés à la maison bénéficient d'un sursis d'une semaine! En bonnes mamans que nous sommes, Gabriel étant né dimanche, nous prenons rdv pour le samedi suivant histoire de décaler l'échéance au maximum...

Rdv est pris avec un illustre inconnu du botin... Maman pimousse les a à zéro, déjà que la naissance à domicile n'est pas bien perçue par certains professionnels (y en a à qui on a envoyé l'assistante sociale comme ça...) mais histoire de bien charger la mule, on se pointe à deux mamans... C'est peut être beaucoup pour le même bébé...

Bonjour monsieur c'est bien ici les pompes funèbres ? Nous sommes accueillies par un grand monsieur aux cheveux gris et a l'air sinistre, qui radote 2 ou 3 fois les même questions "pas d'anomalies pendant la grossesse" (ben non... une grossesse ça peut aussi bien se passer...) "l'accouchement s'est bien déroulé ?" (ça arrive aussi des accouchements sans complications) "qui a assisté l'accouchement ?" (ben la gardienne de notre immeuble pardi...) "pas d'antécédents dans votre famille ? Hypertension ? Allergies ? Strabisme ? Problèmes cardiaques ?" (je suis en pleine forme, notre donneur aussi, mais je voudrais presque lui sortir une pathologie hériditaire de derrière les fagots qu'il se console...).

Il a l'air surpris, peut être un peu déçu de ne rien avoir à se mettre sous la dent mais pas hostile. On passe à l'examen de bébé, et là les choses se corsent. On deshabille le petit tarzan, que le pédiatre attrape sans plus d'égard que si il avait été question d'un gigot. Du début à la fin, il ne lui adressera pas une seule parole, pensant certainement que "c"'est trop petit, que "ça" ne comprend pas (pourtant comme dirait Frederick Leboyer, bizarrement, "ça" crie très fort...). Le téléphone sonne, il abandonne notre fils nu comme un ver sur la table d'examen glaciale... "ça" ne doit pas avoir froid non plus. J'essaie dès que je peux de me frayer un chemin jusqu'à mon bébé pour le toucher, lui parler ou le couvrir, mais la salle n'est pas prévue pour... Au final, je me détourne un peu pour me retenir de pleurer plus fort que Gabriel, réprimant mon envie de lui arracher mon fils au désespoir et de me sauver en courant. Lorsque la séance de torture est finie, nous sommes poliement reconduites dans la salle d'attente, sans même avoir eu le temps de rhabiller complètement notre bébé.

Alors certes, les examens en eux même ne sont pas drôles, mais une parole, une caresse, permettraient sûrement d'épargner aux bébés un peu de terreur. Encore faudrait il considérer le bébé comme une personne... (dommage pour un pédiatre quand même!) Les obstacles paraissent nombreux pour les parents qui souhaitent voir pousser leurs enfants dans le respect de leur personne, car en définitive, on a même déjà vu des vétérinaires plus sympas!

Maman Pimousse (vous l'aurez compris, à la recherche d'un médecin humain pour mini cul!)

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16 mars 2008

La déclaration de ta naissance

Lundi 10 mars 2008

Après un gros travail de motivation pour te quitter des yeux je me décide à aller faire les courses, puis j'en profite pour prendre ce qu'il faut pour aller déclarer ta naissance à la mairie.

J'arrive dans le bureau d'état civil et là je dis que c'est pour une déclaration de naissance. Là on me regarde avec de grands yeux hallucinés. Je sentais bien que la dame pensait : "Mais elle est neuneu celle là, à Sucy il n'y a pas de clinique ni hôpital donc le bébé n'a pas pu naître dans la ville". Mais elle préfère me demander où s'est passé la naissance. Je lui répond à domicile et là c'est l'émerveillement. Dans le bureau elles étaient trois. L'une devait partir mais finalement est restée pour participer à cet évènement. Et oui elles n'avaient jamais fait de déclaration de naissance depuis que la clinique a fermé.

Elles ont commencé à me demander qui j'étais et si j'avais assisté à ta naissance (ooh oui :) ). Puis c'est parti pour les questions: est-ce que c'était voulu? c'est une sage femme qui vient? vous connaissiez la sage femme? combien de temps ça a duré? est-ce que le bébé va bien? Pensant avoir toutes les réponses à ses questions la dame qui enregistre ton acte de naissance raconte notre histoire à toutes les personnes qui passent dans le bureau. A un moment je me suis retrouvé au milieu de 5 dames qui me questionnaient. L'une d'entre elles, apparemment elle n'en était pas à sa première boulette, me demande si c'est moi qui ait accouché, que pour quelqu'un qui a accouché je suis plutôt en forme. Ben si si c'est moi, j'ai laissé mon bébé tout seul et si on pouvait se magner je dois courir un marathon là...

Elles me disent qu'il faut qu'on vienne te montrer. Euh vous demandez à voir tous les nouveaux nés?? C'est pas une bête de foire mon fils. Il est juste né à la maison, il a pas de troisième bras...

Je repars finalement avec une dizaine d'acte de naissance sur lequel tu as failli porté nos deux noms - mais elles se sont rappelé que ce n'était pas légal (je leur ai soufflé, la prochaine fois l'acte je le rédige moi même ça sera plus rapide) - et le sentiment que pour quelques temps tu vas être une star ici.

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15 mars 2008

Récit de la naissance de Gabriel

Voilà le récit de la naissance de Gabriel.
Ce recit a été rédigé par ses deux mamans. En noir le texte de maman pimousse, en bleu celui de maman doudou.
Gabriel a été porté par maman pimousse.

Le dimanche 9 mars 2008

I Prélude (ou « tu viens ou tu viens paaaas ?) :

Nuit de samedi à dimanche : je me réveille à 2h, puis à 3h du matin. J'ai des douleurs de règles, comme de petites contractions, mais je suis tellement dans l'idée de dépasser le terme qu'il ne me vient même pas à l'idée que le travail ait pu commencer. Je me rendors jusqu'à 6h40 où la douleur à nouveau me tire du lit. Je perds quelque chose d'étrange, liquide mais coloré or je sais que le liquide amniotique doit être transparent. Je vérifie mon col et lui trouve un toucher très inhabituel, mais bon toujours rien d'évident... Pas envie de crier au loup et en même temps... je commence à ranger l'appartement très vite (les dépassettes : pour décider bébé à venir il suffit de n'être absolument pas prête, c'était le bronx chez nous!). Mes ardeurs ménagères se calment très vite, je m'allonge pour noter les contractions qu'il me semble distinguer (toutes les 4 min). Et puis soudain, je sens quelque chose qui descend, je coure aux toilettes... La quantité ne laisse pas vraiment de doute, par contre c'est toujours teinté... Je laisse ce détail de coté pour aller réveiller Cécile avec un "Chérie, je perds les eaux"... Depuis le temps que j'en rêvais! Il est aux alentours de 7h20.
Au début je me dis, mmmmh ok je sais que ça veut dire que c’est pour bientôt mais en même temps certaines sont restées quelques jours avec la poche des eaux rompue – t’emballe pas poulette, c’est que le début d’un long marathon. Morgan repart dans la salle pendant que je me décolle les nyeux.. Je me lève pour la rejoindre et lui demande si elle a des contractions. Elle me montre son pc où elle a noté les dernières contractions et là je vois qu’elle en a toutes les 4 min (ah ouais quand même ! Mais euh elles ne devraient pas être plus espacées au début histoire qu’on ait le temps de se retourner ?? Non toujours régulières bon…). Je ne réalise pas du tout que c’est pour aujourd’hui, j’avais tellement attendu la semaine précédente qu’il pointe le bout de son nez que là j’y croyais plus. Morgan me dit d’aller petit déjeuner parce que si je fais une syncope je ne lui servirais de rien. J’avale péniblement un bout de brioche et un thé. Je me rendrais compte plus tard que ce n’est carrément pas suffisant !

II L’apéro (ou l’arrivée de l’héroine)

On a appelé Geneviève qui se prépare tranquillement à venir. On note une série de contractions, ça fait un peu mal mais c'est tout à fait gérable. Je continue à perdre les eaux, baptise un peu toutes les pièces de la maison lol... Cécile finit de ranger, puis reste près de moi. Je me sens bien :).
Entre temps je prépare le lit de la chambre. Un drap housse propre, Mozart, la bache… Non le chat n’était pas prévu dans le coup, puis je doute de son pouvoir absorbant. Sors de là !! On ne joue pas à changer les draps !! Je vire le chat et fini d’installer tout ça. Par contre les bâches pour peinture fine c’est galère à installer puis ça se troue. Je fini par m’en sortir et je retourne au près de Morgan.

Geneviève arrive un peu avant 10h -
et oui parce qu’elle a pris le temps d’aller voter, quelle belle preuve de citoyenneté. Entre temps, je me suis assise, miracle les contractions sont beaucoup moins douloureuses ainsi! Je découvre enfin l'utilité de la position travaillée en cours de prépa qui jusqu'alors me laissait perplexe. Geneviève regarde ce que j'ai perdu, effectivement le liquide amniotique est "légèrement teinté" selon ses termes. Devant mon visage défait, elle m'explique qu'en dehors d'autres signes d'alerte ce n'est pas grave en soi. Quelque chose a stressé bébé, mais à présent son rythme cardiaque indique qu'il va bien et le travail se déroule normalement. Je lui demande de regarder où est mon col : 3/4cm, ça me va! (j'espère juste que ça ne fait pas une semaine que je suis à cette dilatation mdr...). Je m’étais préparé à ce que Geneviève nous dise « bon ce n’est pas pour tout de suite tout de suite alors je reviens un peu plus tard ». Mais non, je la vois qui s’installe, qui sort sa trousse winnie the pooh (bouuuuh la honte, une grande fille comme toi Geneviève ;-) ). Elle commence à noter ses observations dans le dossier obstétrical de Morgan. Bon apparemment c’est vraiment pour aujourd’hui. Jusqu’au bout je ne réaliserai pas qu’au bout on aurait Gabriel dans nos bras. Fallait d’abord penser à aider Morgan à gérer les contractions.


Jusqu'à 12h, c'est activité salon de thé! Bon j'exagère un peu mais c'est le souvenir que j'en ai. Les contractions sont gérables, Cécile les accompagne avec moi. On papote avec Geneviève qui contrôle régulièrement le rythme cardiaque de bébé.
J’en profite pour appeler mon père et lui dire que je ne pourrai pas venir avec lui voir mon oncle à l’hôpital car son 6ème petits fils a décidé de pointer son nez. Après 12h, ça se corse un peu. Geneviève me fait remarquer que je me crispe au moment des contractions au lieu de "laisser descendre". C'est vrai, mais comment faire autrement ? J'ai l'impression d'"être" les contractions. On tente le bain. Aaaaaah béni soit l'inventeur de l'eau chaude, c'est magiiiiiiiiiique. C’est là que va commencer le petit balai avec dans les rôles principaux Geneviève et moi-même. On amenait des casseroles d’eau chaude pour économiser celle de la salle de bain qui a tendance à se tarir un peu vite. Cécile s'assied par terre près de moi de façon à me tenir la main, la pauvre ça n'a pas du être bien confortable... On reste ainsi dans le noir, car au fur et à mesure que les douleurs s'intensifient, la lumière m'agresse de plus en plus. D'ailleurs, j'ai la sensation d'avoir gardé au maximum les yeux fermés durant tout le travail. Je chante un peu les airs que j'ai chanté toute ma grossesse, pour que notre fils sache qu'on est là, qu'on l'attend pour l'accueillir. J'entends des bruits étranges dans la cuisine... "Geneviève ne serait pas en train de faire notre vaisselle quand même ??" Et... si! Cécile refuse de prendre le risque de la ligoter (on pourrait avoir besoin d'elle, une idée comme ça...). Heureusement que l'accouchement a été plutôt rapide, sinon elle s'attaquait à notre linge! Honteuse je vais dans la cuisine pour finir la vaisselle, je me fais renvoyer dans la salle de bain gentiment mais sûrement. J’insiste pas c’est toi la chef Geneviève.


III Le plat de résistance (ou « mais qu’est ce qui m’a pris ? »)


13h Je ne me souviens plus si j'en ai fait la demande, ou si Geneviève me l'a proposé mais elle va voir où en est mon col. J'en suis à 6cm. Le liquide parait légèrement plus teinté, mais bébé semble toujours aller bien. Geneviève est rassurante. Elle aurait pu faire le tv dans le bain mais moi j'ai pris la décision d'en sortir. La connerie de ma vie... J'essaie différentes positions sur le lit, le matelas est trop mou, ça ne va pas. Peut être que j'essaie d'autres choses, je ne sais plus. Je finis par retourner dans le bain (13h35), mais ce n'est plus ça... Je glisse, alors que j'ai besoin d'appui. Geneviève me propose d'essayer de me placer de différentes façons, mais je glisse encore, manque de couler. J'essaie de faire de petites expirations brèves et rapprochées mais je respire mal. Conséquence, j'ai des fourmis partout, mes mains se paralysent. Je ne me souviens plus bien si je sors du bain pour y retourner à nouveau. Sur le compte rendu, il est écrit qu'à 14h15, j'en suis à 7cm. A partir de là pour moi, rien ne va plus.
Ce tv a été fait dans le bain. A partir de ce moment là Geneviève convainc Morgan de sortir du bain pour marcher un peu. Que ça fera descendre Gabriel un peu plus que de rester sur le dos. Morgan sort du bain. Geneviève lui dit de se lâcher de crier sa douleur, ce qu’elle fait. Elle « tombe » dans les bras de Geneviève, qui lui frotte le dos pour la calmer un peu.

Peut être que je ne m'étais pas suffisamment préparée pour cette naissance. Peut être (même sûrement) ai je sous estimé "la violence d'un accouchement" (mots que j'ai lu dans un récit d'une maman ayant dû être transférée en urgences pendant son AAD et qui me HANTENT tout le long du travail). Certain par contre, que je n'ai pas assez cru en moi, pas cru (et je n'y crois toujours pas en fait) que je réussirais à faire naitre Gabriel à la maison. La douleur est sans but, sans début, sans fin. Je me souviens m'être écroulée sur le sol du salon et je ne sais plus que hurler aux contractions qui ne me laissent pas de répit (et contrairement à ce qu'on croit crier ça ne soulage pas DU TOUT, c'est même pire!). Je réclame l'hôpital alors même que je sais que je ne suis pas transportable, je délire total... Dans mon brouillard, je me souviens de Gayaneh qui pensait à Clara Rojas, mais étrangement mes idées se fixent sur les scientologues et leurs femmes qui accouchent sans un son (cherchez l'erreur...). C'est peut être stupide mais je me sens terriblement mal d'imposer ça d'une part à Geneviève (mais je peux consoler en me disant que c'est son métier, au mieux je serai dans le top 10 de celles qui gueulent le plus fort), mais surtout, surtout à Cécile. Je ne sais pas où elle trouve la force de rester près de moi. 

IV Le Final (ou l’ange Gabriel)

C'est ma phase de désespérance à moi, après une attaque du chat (on m'a raconté, je n'ai rien vu!). 
Morgan veut s’accroupir pour faire descendre Gabriel. Elle ne reussit pas à tenir et finit par s’installer à 4 pattes. On lui installe des serviettes sous les genoux. Elle prend le coussin d’allaitement pour crier dedans. A ce moment là je ne sais plus trop ou me mettre, je ne sais plus quoi faire pour l’aider à supporter ces contractions. Geneviève s’en aperçoit et prend le relais. Elle lui appuie dans le bas du dos pour soulager la douleur. Lui répète plusieurs fois la façon de respirer, lui explique qu’elle va y arriver que tout se passe bien. Les cris commencent à rendre fou Filou. Il commence à faire le tour de Morgan, s’installe sur mes jambes qui sont en tailleur, repart et là s’attaque au coussin en se rapprochant de Morgan. Geneviève choppe le chat par la peau du cou et le balance sur le balcon. Euh Geneviève mon chat est suicidaire !! Je vais le récupérer et l’enferme dans la chambre de Gabriel. Quelques respirations plus fructueuses sous les conseils de Geneviève, je réussis à me relever et j'échoue sur le lit où Geneviève regarde où en est mon col. J'en suis à 8, 9 pendant les contractions, elle tente de refouler le col pendant que je pousse pour abréger mes souffrances mais la douleur est intolérable et on abandonne.. A ce moment là Geneviève me demande si je veux qu’elle nous laisse seule. Je pense qu’elle a compris que j’étais plus à l’aise seule avec Morgan pour la soutenir mais je refuse, à ce moment là je ne m’en sens pas capable. Je me relève, arpente le couloir comme une folle, finis sur les toilettes, car l'étroitesse du lieu me permet de caler mes bras et mes jambes. Et là, il se passe un truc magique : une sensation nouvelle dans le bassin, je crois que bébé est descendu! Je retourne sur le lit, autant en dilatation de col je ne vaux pas une clopinette, autant la poussée vient de trouver une cliente! Cette partie est en faite un peu plus longue. J’en profite pour m’isoler un peu, reprendre un peu de force, je ne sais pas si c’est le fait de rester dans la pénombre ou de ne pas avoir assez mangé mais j’ai besoin de force. Pendant ce temps là Geneviève reprend encore le relais. Ah si j'avais seulement pu concevoir dans un coin de ma tête que toute cette souffrance avait un aboutissement. J'avais entendu en cours de prépa que vers la fin du travail les contractions s'espaçaient et devenaient moins intenses, dans mon cas, je ne ressens pour ainsi dire plus de douleur, juste cette formidable envie de pousser. Je suis sur le coté, Cécile est face à moi et elle bloque mon pied. Je commence à croire que je vais y arriver, mais j'ai encore besoin de preuve, il faut qu'il sorte maintenant, je suis prête à le laisser partir. Je harcèle Geneviève pour savoir où en est la tête du bébé, j'ai la peur de la déchirure mais en même temps je veux que ça aille vite maintenant. Je me souviens très clairement du moment où j'ai senti que sa tête ne remontait pas à la fin de la poussée. Je demande plusieurs fois incrédule à Cécile si elle voit effectivement sa tête. Je voyais la tête depuis un moment mais je n’étais pas sûre de mon coup. Geneviève confirme que c’est bien là tête qu’on voit apparaître puis disparaître. Pourquoi je n’étais pas sûre ? Je voyais quelque chose de bleu, et frippée. Je me suis demandé si c’était normal mais je ne pouvais pas demander à Geneviève sinon j’aurai inquiété Morgan. Mais Geneviève doit savoir lire dans les pensées, elle me dit que c’est normal et que c’est le cuir chevelu, qu’il se lissera à la sortie. Ouf ! J’étais en train de me demander s’il était humain cet enfant. Geneviève en profite pour aller enfiler son costume de super Sage Femme, signe que c’est bientôt terminé. Enfin, la tête est dehors! Geneviève me demande si je veux de l'aide pour ses épaules. Oui! Oui! Mille fois oui!!!!! Gabriel glisse hors de moi, c'est la plus délicieuse des sensations, un apaisement sans nom.. Il est tout doux, tout chaud. Je crois que j'essaie de voir, sceptique sur le fait que j'ai bien réussi à faire sortir un bébé. Il pleure, tout de suite et très fort, il a beaucoup beaucoup de choses à nous dire. Il est 16h41, Gabriel est enfin dans nos bras, il y a des larmes dans les yeux de Cécile. Geneviève met le bébé sur le ventre de Morgan. Elle nous laisse quelques temps tous les trois. Morgan dit que c’était une heure moi je n’ai pas vu le temps passer. Elle revient et me propose de couper le cordon. Elle vérifie qu’il a arrêté de battre et place les pinces. Je le coupe, je m’attendais à plus de résistance mais non. Il reste plus « que » le placenta à sortir. Geneviève dit qu’il est déjà décollé et que ça devrait être simple. Pour aider Morgan elle fait tourner le cordon et le placenta sort. Elle nous le montre et nous explique comment étaient placées les différentes parois. Je prends Gabriel est peau à peau le temps que Geneviève nettoie Morgan. Puis c’est partie pour la pesé, la mesure du bébé, les soins au cordon et l’habillage.
(petite précision, avec l’émotion Cécile s’est trompée, Geneviève a fait sortir le placenta AVANT de nous laisser).

Finalement Geneviève partira environ 2h après la naissance de Gabriel.

Un grand merci à toi Geneviève. Ton sang froid et ta présence nous ont permis de ne jamais douter du bon déroulement de cette naissance même le jour J. Merci de nous faire partager des bouts de ton immense expérience lors de nos discutions. Chaque fois qu'on ressortait des "consultations" nous étions rassurées. Grâce à toi notre petit bout est né dans le respect et l'intimité.

Merci aussi à Noémie qui nous a présenté cette merveilleuse femme.

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Posté par Maman Doudou à 23:23 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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